L'origine du nom : FARACHE
Qu'ils se nomment Farache, Farachi, Faraj, Faradji, Fredj ou Frech, ils semblent avoir une origine commune.
Leur patronyme proviendrait soit du prénom arabe fredj, soit de la ville espagnole de Farache dans la province de Murcia.
Selon Gugenheim, l'origine du nom vient de Farache, de Faradj, de Farag ou de Faraj arabes qui, selon le lieu de résidence de ces familles, a pris le nom de Farachi, Farage, Faraggi, Faragi Farach, Faradchi, Faradji et Faraci.
On trouve pour la première fois le nom de Farag en Sicile au 9ème siècle.
Au 13ème siècle, Moshe Ben Salomon Faraj fut le médecin du roi Charles 1er d'Anjou. Il traduisit pour lui, de l'arabe en latin, des traités de médecine.
Dans le livre espagnol de Bonnin "Sangre Judia" (édité en 1998), on cite, dans les listes de noms de Juifs ou "nouveaux-chrétiens" (aux 15ème et 16ème siècles) trouvées dans les archives du Saint-Office les noms de Farach et Farache.
Mathilde Tagger, elle, démontre comment le nom espagnol de Farache, prononcé en espagnol Faratchay s'est transformé par les transcriptions du CH et tsh ou dj.
Plus tard, à la suite de l'expulsion des Juifs d'Espagne, on trouve des Farache dans tout le bassin méditerranéen : au Maroc et en Algérie, à Tetuan, en Italie, en Grèce, en Israël, en Turquie.
Il est fort possible que Farache aient également émigré en Amérique du Sud, car ce patronyme y est actuellement très répandu.
Dans la brochure "Les Juifs de Salonique, à la fin du 16ème siècle" de Michaël Molho (1991), la famille Farach est mentionnée comme ayant appartenu à la Synagogue Shalom. Cette Synagogue a été construite pour recevoir les Juifs marranes qui arrivaient d'Espagne et du Portugal. Il est fort possible qu'une branche des Farache ait émigré vers le Maroc, alors qu'une autre partait vers la Turquie. Le Sultan avait invité tous les Juifs d'Espagne à venir s'installer dans son empire pour profiter de leurs connaissances commerciales, médicales et intellectuelles en général, car ils savaient lire. C'est la raison pour laquelle une grande majorité de Juifs espagnols est partie dans l'Empire Ottoman. Ils ont conservé jusqu'à ce jour leur langue espagnole, enrichie de mots turcs au fil des années.
Plus tard on trouve trace d'autres Farache dans presque tout le bassin méditerranéen, comme Yaacov Farache, de Safed, envoyé quêter en Turquie et en Europe en 1742. Il fut l'auteur de responsa avant de trouver la mort dans le tremblement de terre qui détruisit sa ville natale en 1759 ; au 17ème siècle, Yaacov Farache, grammairien établi à Alexandrie ; Ovadia Farache, rabbin à Bassorah (Irak) ou Elyaou Farache, un juriste né à Constantinople en 1880 et qui émigra à Jérusalem pendant la 1ère guerre mondiale.